Une autre manière de travailler
Le grand format n'est pas de la céramique en plus grand : la manipulation, la préparation et les outils changent. Au-delà d'un certain format, la pose se fait à deux, avec des ventouses, et la moindre irrégularité du support devient visible.
La planéité
Plus la tuile est grande, moins elle pardonne. Un creux qui passait inaperçu sous une tuile de format courant produit un vide sous une grande dalle — donc un point fragile qui cassera sous une charge ponctuelle. Le ragréage devient la norme plutôt que l'exception.
L'encollage double
Mortier peigné sur le support et sur le dos de la tuile, pour garantir un taux de contact élevé. Les vides sous une grande dalle sont la première cause de fissure et de son creux au pied.
Le nivellement
Les systèmes de nivellement à clips ou à sangles maintiennent les tuiles voisines au même plan pendant la prise, ce qui élimine les dénivelés de bordure. Sur du grand format rectifié à joint fin, c'est indispensable.
La coupe
Une dalle de grande dimension se coupe à la scie à eau ou au système de coupe sur rail. Les percements et les angles rentrants se font avec précaution : c'est là que les grandes pièces cassent.
L'effet visuel
Moins de joints, donc une surface plus continue et une pièce qui paraît plus grande. C'est le principal argument du format, et il ne tient que si la pose est irréprochable, puisque rien ne vient distraire l'œil.
Le stockage et la manutention
Une grande dalle se transporte et s'entrepose sur chant, jamais à plat en pile libre, et se soulève à deux avec un cadre à ventouses quand le format l'exige. Une part notable des casses survient avant la pose, pendant la manutention.
Le calepinage sans joint apparent
Les dalles rectifiées permettent des joints de deux à trois millimètres, parfois moins. À cette finesse, la moindre différence de calibre entre lots devient visible : le carreleur mélange les boîtes et vérifie les numéros de lot avant de commencer.